Atelier Courbet en travaux

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UN NOUVEAU SITE, TROIS ESPACES

L’Atelier Courbet, un lieu unique de l’histoire de l’art

À l’été 2021, rouvrira un site unique de l’histoire de l’art occidental : le dernier Atelier de Gustave Courbet à Ornans.
Afin de « travailler tranquillement », Courbet débute vers 1858 l’acquisition de plusieurs terrains à l’entrée de la ville, en bordure de la route  venant de Besançon jusqu’à la Loue en contrebas, et y fait aménager un atelier dans un bâtiment préexistant, l’ancienne fonderie Bastide. Par ce lieu au cœur de la vallée de la Loue, entre rivière et falaises, l’artiste souhaitait créer les conditions idéales de création dans un environnement façonné qu’il voulait « entourer d’une haie vive ce terrain et d’échalas longs reliés de fils de fer et planter des bouquets d’arbres, toutes essences pour [s]a peinture » [Lettre à Juliette Courbet, 9 février 1859], lieu préfigurant la maison-atelier de Giverny de Claude Monet.
Cet atelier vit la production d’œuvres majeures du peintre telles que Le Rut du printemps (1861 – Musée d’Orsay, Paris), Vénus et Psyché (1864) ou encore la célèbre toile L’Hallali du Cerf (1866-76 – Musée des Beaux-arts et d’archéologie, Besançon), ainsi que des centaines de peintures de paysage, réalisées parfois avec le soutien de jeunes peintres tels que Cherubino Pata et Marcel Ordinaire.
En 2007, le Département du Doubs a fait l’acquisition de l’ancien Atelier Courbet, complété depuis le début du XXe siècle d’une extension construite par Juliette Courbet, sœur de l’artiste.
Ce site, inscrit en totalité au titre des Monuments historiques, par arrêté du 24 juillet 2008, s’intégrait alors au projet « Pays de Courbet, Pays d’artiste ».

L’extension « Juliette »

À la mort de Courbet le 31 décembre 1877, Juliette, devenue sa légataire universelle et ayant hérité de la maison d’habitation dite Villa Courbet, du jardin et du Chalet, a souhaité faire de ce lieu un endroit unique, un « Chez Courbet » dans lequel la présence de son frère et de son œuvre resteraient vivantes, s’inscrivant dans une démarche patrimoniale de conservation et transmission. Cet espace de 100 m², construit entre 1903 et 1904, sera réaménagé de façon à devenir un lieu polyvalent pouvant servir à des activités et des ateliers pédagogiques et de création, mais également des conférences et des expositions sans condition de conservation.
L’extension « Juliette », lieu unique, dans tous les sens du terme, consacré à la création et à la transmission, sera pourvue d’une polyvalence technique avec un matériel de projection, de sonorisation et d’éclairage adaptable à ses vocations multiples. Le parcours entre le musée et l’atelier deviendra lui-même un instant de transmission et de médiation sur l’historicité et le rôle de l’atelier de Courbet, implanté au cœur de son territoire, source de son art.

 

La Maison Marguier et le Centre de documentation du Pôle Courbet

S’inscrivant dans le nouveau fonctionnement du Pôle Courbet, lequel voit ses locaux dédiés à la médiation et à la conservation déménager au sein de la Maison Marguier, le Centre de documentation du Pôle Courbet sera implanté dans un espace lui permettant de pleinement répondre à ses missions
de recherche, de diffusion et d’accessibilité.
Accessible à tous, le Centre de documentation du Pôle Courbet se présente comme un espace de référence s’organisant autour de l’étude sur Gustave Courbet et conservant des ouvrages divers dédiés à l’histoire de l’art du XIXe siècle, ainsi que des documents rares et inédits.

Un espace de recherche et de consultation y sera aménagé. Un travail majeur sera mené afin de mettre en ligne le catalogue.

L’ATELIER COURBET, ÉCRIN D’UN TRÉSOR MÉCONNU

« Le plus beau désordre y régnait : toiles empilées contre les murs, journaux et livres à terre, bocaux remplis de reptiles sur des rayons, armes de sauvages données par le géologue Marcou, suspendues aux cloisons, boîtes de peinture, habillement, etc., tout cela pêle-mêle. L’atelier était vaste ; sur un grand méplat, qui reliait le mur au plafond, Courbet avait peint deux superbes fresques : une Vue de l’Escaut, le fleuve se jetant à la mer, et la Seine à Bougival, avec de beaux arbres se mirant dans l’eau. Que sont devenues ces deux belles choses ? »

[ Propos de Max Claudet, sculpteur et ami de Courbet, rapporté par Georges Riat ]

 

« Ces deux belles choses » dont le devenir est interrogé par Max Claudet ont heureusement survécu aux affres du temps et à cent ans de quasi abandon et de dégradations parfois brutales. Peintes directement sur le mur, ces deux œuvres occupent un bandeau horizontal de près de 15 m² chacune, sur une surface incurvée. Comme le soulignait Claudet, les sujets représentés sont bien deux paysages, La Seine à Bougival et L’Escaut se jetant dans la mer.
Sur l’ensemble du plafond est peint un ciel parsemé d’hirondelles, attribué lui aussi à Courbet. La restauration et la conservation de ces peintures murales exceptionnelles sont une des priorités des travaux touchant l’Atelier et la Maison Marguier.
Un protocole précis, impliquant un investissement important et établi par le bureau d’étude technique spécialisé E.C.M.H., sera mis en œuvre. La conservation de ces deux œuvres majeures imposera une ouverture partielle du site au public, laquelle sera proposée sous conditions et sur réservation.