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Parcours du Lison et de ses sources – Nans-sous-Sainte-Anne

Facile / 5 km / 1H

Découvrez cet affluent de la Loue, une grotte et le village de Nans-Sous-Sainte-Anne… Départ de la SOURCE DU LISON (1).  Cette résurgence, comme 17 autres sites francs-comtois, est à l’origine de la réflexion qui a abouti en 1906 à la première loi de protection des sites naturels, rédigée par Charles Beauquier, député et ami de Courbet. Un peu plus loin, admirez LE CREUX BILLARD (2), un gouffre de plus de 80 mètres de hauteur où se jettent les eaux du cours supérieur du Lison, qui a totalement disparu mais qui réapparait parfois lors de grosses pluies. Partez ensuite vers LA GROTTE SARRAZINE (3). C’est le départ d’un cours mystérieux exploré à ce jour sur 4 km. Courbet a représenté plusieurs fois cette cavité dans ses tableaux. Poursuivez avec la visite de LA TAILLANDERIE DE  NANS-SOUS-SAINTE-ANNE (4), une ferme-atelier. Témoignage emblématique de l’activité industrielle de la vallée, elle met en scène aujourd’hui machines et outillages anciens (roues hydrauliques, martinets, soufflets). Terminez enfin le parcours par LA FAÏENCERIE  DE MIGETTE ET NANS (5), autre témoin de l’activité économique au 19ème siècle. C’est dans l’abbaye de Migette qu’était fabriquée la porcelaine, à partir d’argile jaune prélevée sur place. Puis en 1840, s’implanta la faïencerie de Nans, à 4 km en contrebas qui, au cours du 20ème siècle, reproduisait les décors des faïenciers de l’Est de la France.

1SOURCE DU LISON

Latitude : 46°57'55.88"N / Longitude : 06°0'42.47"E

L’oeuvre de l’artiste

La source du Lison est l’un des sites privilégiés du peintre. Il s’y rend en présence de ses amis Max Claudet et Jules Castagnary.

En 1865, Gustave Courbet écrit à son ami Max Buchon : « Mon cher Max, en te quittant, nous

sommes arrivés à Nans à bon port quoique la voiture bordait. Le lendemain j’ai fait voir à M. Castagnary la source du Lison et le Pont du Diable... »

Cette source lui a inspiré dessins et peintures : « De plus j’ai fait un paysage de la source du Lison et une réduction pour M. Meyer que je lui avais promise en échange de l’âne. » 27/11/1864.

Marcel Ordinaire, ami, élève, proche collaborateur de Gustave Courbet, a peint lui aussi, en 1880, ce site magnifique.

Elle est également reprise dans les décors de la faïencerie de Nans-sous-Sainte-Anne. Max Claudet, sculpteur céramiste et compagnon de voyage de Courbet dans le Jura, s’émerveilla aussi devant ce site qui lui inspira quelques textes : « Que l’on s’imagine un gigantesque rocher à pic, aux couleurs variées, surmonté d’une forêt. À une certaine hauteur s’ouvre une excavation profonde comme une voûte d’église et soutenue comme elle par des piliers ; au fond de ce gouffre, une source d’eau azurée [...], tombant par une cascade jusqu’à la base du rocher ».

2LE CREUX BILLARD

Latitude : 46°57'49.77"N / Longitude : 06°0'48.34"E

Regard sur le réseau souterrain du Lison

C’est un gouffre énorme et vertigineux, véritable antre de plus de 80m de hauteur où se jettent les eaux du cours supérieur du Lison. Ce cours a totalement disparu mais réapparait de façon temporaire à la faveur de grosses pluies saturant l’écoulement souterrain.

Ce gouffre communique avec la résurgence du Lison, comme en témoigne un accident survenu en 1889 relaté dans l’ouvrage de E. Fournier, Grottes et rivières souterraines de 1923 : « En 1889, une jeune fille étant tombée accidentellement dans ce bassin, fut entraînée par le tourbillon et son cadavre ne fut retrouvé que plusieurs semaines après à la résurgence ; une croix a été plantée sur un des gros blocs rocheux qui dominent la vasque pour commémorer ce tragique accident. On a effectué dans les eaux du Creux-Billard des expériences de coloration à la fluorescéine : la matière colorante ressort au bout de 2 ou 3 heures à la source qui n’est pourtant distante que de quelques mètres… ».

C’est Elie Pergaud, instituteur à Nans-sous-Saint-Anne et père de Louis Pergaud, écrivain connu entre autres pour son roman La Guerre des Boutons, qui organisa les secours.

3LA GROTTE SARRAZINE

Latitude : 46°57'56.83"N / Longitude : 06°0'27.33"E

Trop-plein du réseau souterrain du Lison 

Également appelée « manteau de Saint-Christophe », cette grande arcade, haute de 100 m et large de 30m, est le départ d’un cours mystérieux exploré à ce jour sur quelques 4 km. Plusieurs fois représentée par le peintre, la grotte Sarrazine interpelle et surprend par sa démesure. La représentation qu’en fait Courbet en 1874, témoigne de l’intensité des crues déferlant violement, la puissance du jaillissement est prodigieuse. La présence du pêcheur aux abords de la grotte est un clin d’œil du peintre à destination des gens du pays, leur signifiant : « vous connaissez, vous comprendrez », en effet la source ne coule que deux à trois fois par an.

4LA TAILLANDERIE DE NANS-SOUS-SAINTE-ANNE

Latitude : 46°58'14.86"N / Longitude : 05°59'45.61"E

Une ferme-atelier originale

Le village exploita très tôt les ressources naturelles, la forêt et la rivière. La taillanderie de Nans-sous- Sainte-Anne en est un exemple des plus explicites. Cette ferme-atelier fabriquant des faux et des outils taillants, fut créée en 1798 et exploitée jusqu’en 1969. Les gérances se succédèrent, en l’améliorant et en introduisant l’innovation qu’apporte l’usage de la turbine de type Gramme.

Témoignage emblématique de l’activité industrielle, la taillanderie met en scène aujourd’hui machines et outillages anciens. La ferme-atelier se définit avant tout comme une entreprise familiale.

Elle combine deux activités élémentaires : une petite exploitation agricole destinée à couvrir les besoins vivriers des ouvriers et des locaux industriels à proprement parler.

Le climat de notre région régit le fonctionnement de la ferme-atelier, on privilégie l’usage de la force hydraulique, l’hiver pour l’activité industrielle tandis que le printemps est consacré à l’exploitation agricole.

5LA FAÏENCERIE DE MIGETTE ET NANS

Latitude : 46°58'39.05"N / Longitude : 06°0'3.84"E

L’art de la faïence en Franche-Comté se développe tardivement au XVIIIe siècle. Mais proche de la source du Lison, l’abbaye de Migette, construite au XIVe siècle, fabriquait déjà de la porcelaine à partir d’argile jaune prélevée in situ. Cette tradition perdure quand Alexandre Besson rachète en 1806 l’abbaye pour en faire une faïencerie. La production s’inspire alors essentiellement de la mode « à l’antique » ou « mode anglaise ».

En 1840, s’implante à Migette, la faïencerie de Nans. Le Suisse Granger optimise la proximité de l’eau et du bois, reprend la tradition de Migette et introduit la technique de la terre-de-pipe et la technique de la terre-anglaise.  C’est à l’époque que le sculpteur Max Claudet, ami de Courbet, confie la cuisson de ses moules à la faïencerie et abandonne Salins.

Au cours du XXe siècle, Nans-sous-Sainte-Anne reproduit les décors des faïenciers de l’Est de la France (Strasbourg, Lunéville…), bordées de peignés rouge et ornées de fleurs chatironnées, elles sont exécutées selon les procédés industrialisés.