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Parcours des roches – Ornans

Randonnée / 6,5 km / 2H30

Grimpez jusqu’à l’ancien château, marchez sur les falaises puis redescendez par le coteau…

Départ : la MAISON HEBERT, l’actuel Musée Courbet (1). Une des hypothèses sur le lieu de naissance de Gustave Courbet le fait naître dans cet hôtel. Avec certitude, nous savons qu’il y passa une partie de son enfance. Sur l’autre rive de la Loue, arrêtez-vous PLACE DES ILES BASSES (2), près de l’atelier que son père lui aménagea en 1849, où il réalisa sa célèbre toile Un enterrement à Ornans (entre 1849 et 1850, Musée d’Orsay, Paris). Ensuite, en vous dirigeant vers l’ancien château, vous trouverez la FONTAINE AUX VIPÈRES (3). Ce lieu, qui alimentait le château en eau, permettait aux femmes d’y faire leur lessive, tout en cancanant sur les habitants du village. Le terme de « vipères » est associé à cette pratique plutôt qu’à la présence de reptiles. Arrivés à l’ANCIEN CHATEAU (4), admirez le fond de la vallée de la Loue. Plusieurs œuvres furent réalisées par Courbet depuis ce site, comme Femme dans un hamac (vers 1849, collection particulière). Suivez ensuite le chemin jusqu’au BELVÉDÈRE DE LA ROCHE DU MONT (5). La vue permet une plongée panoramique sur la Loue, la ville et les plaines. Enfin, pour redescendre, traversez le COTEAU SOUS LA ROCHE DU MONT (6) et ses vignes. Le grand-père maternel de Courbet en possédait six hectares et le peintre aimait prendre part aux vendanges.

1MAISON HEBERT, MUSÉE COURBET

Latitude : 47°6'18.14"N / Longitude : 06°8'50.67"E

Un hôtel particulier sur la Loue

C’est dans cette maison que la tradition situe la naissance de Courbet en 1819. La famille de sa mère, née Oudot, y demeurait. Régis Courbet et sa famille y ont vécu entre 1829 et 1834, probablement après l’incendie de la ferme de Flagey en 1827. C’est là que Juliette, la plus jeune des enfants, est née en 1832 et que Gustave Courbet a passé une partie de sa jeunesse. En 1971, l’Institut Courbet crée le musée Courbet dans cette maison.

2PLACE DES ILES BASSES

Latitude : 47°6'28.55"N / Longitude : 06°8'45.26"E

Maison maternelle Oudot, premier atelier de Courbet

La maison de Jean Antoine Oudot deviendra en 1842 celle de sa fille Sylvie, la mère du peintre. Le père du peintre, Régis Courbet, lui installe en 1849, dans cette maison son premier atelier.

Le peintre écrit : « Mon père m’a fait faire un atelier d’une grandeur assez respectable mais la fenêtre était trop petite et mal placée. Aussitôt, j’en ai fait faire une trois fois aussi grande, maintenant on y voit clair comme à la rue. De plus, je l’ai fait peindre en vert jaune sombre relevé de rouge sombre, le plafond qui est très élevé est peint en bleu de ciel, jusqu’au quart de la hauteur des murs. Cela fait un effet fantastique et les embrasures des fenêtres sont blanches.»

Courbet y réalise en partie sa célèbre toile L’enterrement à Ornans. Elle est peinte grâce à un système ingénieux de deux tambours entre lesquels la toile vierge est tendue. La surface de l’œuvre est ensuite progressivement enroulée permettant, dans ce lieu exigu et mal éclairé, de produire une œuvre de grand format avec une toile finale de 6,68 x 3,15 m. Courbet dit qu’il y peint à « l’aveuglotte » et sans aucune « reculée ».

3FONTAINE AUX VIPÈRES

Latitude : 47°6'51.00"N / Longitude : 06°8'24.25"E

Combe Pellerin

En remontant plus avant sur les grands coteaux argileux, l’arrivée sur les calcaires vous permet d’approcher une source située à l’interface des bancs argileux étanches et des grandes barres de calcaires de la Roche Legrand.

Depuis longtemps cette source est captée pour alimenter en eau les habitants du château d’Ornans. Elle permettait de compléter l’apport des citernes. Cette fontaine permettait également avec ses bassins composites d’y faire les lessives. C’était aussi l’occasion pour les lavandières de « cancaner » sur la population ornanaise. Le terme de « vipères » est associé à cette pratique plutôt qu’à la présence de reptiles. Courbet peint un tableau de ce lieu depuis le chemin des fermes qui surplombe la fontaine.

4ANCIEN CHÂTEAU D’ORNANS

Latitude : 47°6'47.59"N / Longitude : 06°8'32.90"E

Femme au Hamac

Plusieurs œuvres furent réalisées par Courbet depuis le site de l’ancien château d’Ornans détruit en 1674 par les troupes de Louis XIV. Les quelques bâtiments restant brûleront en 1788. Face à la fontaine de la Combe Pellerin (Fontaine aux Vipères), le château d’Ornans et son magnifique éperon rocheux dominent la ville d’Ornans et la vallée de la Loue.

Courbet peint une seconde œuvre importante représentant ce site, celle qui montre Marie Wey, l’épouse de Francis Wey écrivain bisontin, ami du peintre, de Champfleury et de Charles Nodier. En arrière-plan, on découvre la roche du Mont et tout le fond de la vallée de la Loue.

5BELVÉDÈRE DE LA ROCHE DU MONT

Latitude : 47°6'46.09"N / Longitude : 06°8'57.16"E

Ces falaises ne sont pas de simples effets picturaux formant des ondulations claires dans les tableaux de Courbet. Ces massifs calcaires sont la base, le fondement de ce massif. Dans les tableaux de Courbet, la géologie est omniprésente et observée comme elle le serait par un spécialiste. D’un trait avisé de géomorphologue, il séquence les calcaires coralliens par une stratification précise et continue. La vue générale sur la vallée nous permet d’avoir une plongée panoramique sur le Loue, la ville et les plaines, reliquats d’anciens lacs glaciaires vieux de 120 000 à 200 000 ans.

6COTEAU SOUS LA ROCHE DU MONT

Latitude : 47°6'27.08"N / Longitude : 06°8'53.91"E

Vendanges

C’est une contreplongée sur le vigneron rechargeant en pied de rang un cuveau et triant la vendange à l’ombre d’arbres.

La géologie de la vallée de la Loue est à l’origine de trois à quatre terroirs très distincts et qui se rapprochent des terroirs du vignoble actuel du Jura. Nous distinguons : les groises (mélange d’argiles et de cailloutis et éboulis en bas de falaises), les bancs supérieurs argilocalcaire positionnés au contact direct des magnifiques calcaires blanchâtres, les grands bancs d’argile grise dans la partie basse (la plus près du centre-ville et du fond de vallée). À l’époque de Courbet, la situation du vignoble sur les coteaux les plus ensoleillés de la vallée de la Loue ne suffit pas à assurer la fabrication d’un vin de qualité. Les plants fins, Pinot (Noirin enfariné appelé communément Noirin de Vuillafans ou Meunier) et Pulsart (équivalent du Poulsard d’Arbois) vont progressivement remplacer les cépages grossiers Gamay rouge et Melon utilisés par les vignerons du Doubs. En complément l’on rencontre le « Lausannois » (Chasselas) et le « bon Blanc » qui n’est autre que le Savagnin.

Le phylloxera va toucher la vallée de la Loue en 1890 et 1900. Cet insecte, originaire d’Amérique du Nord, provoqua une grave crise dans le vignoble européen à partir de 1863.

Jean Antoine Oudot, le grand père de Courbet possède 6 hectares, ce qui est considérable à l’époque. La haute Loue compte 1 000 ha. Gustave Courbet, emprisonné en 1871, regrettera de ne pas participer aux vendanges.