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Parcours Eau-Chasse-Bataille d’Alésia – Nans-Sous-Sainte-Anne

Cycle / 65 km / 5H

À vélo vers les cascades, les sites de chasse et Alaise, le lieu supposé de la bataille d’Alésia, selon la théorie des habitants locaux, comme Courbet… Départ de LA SOURCE DU LISON (1), un des sites privilégiés du peintre où il emmenait souvent ses amis. Grimpez ensuite jusqu’au MONT « MAHOUX » (2). Depuis cette butte, représentée en arrière-plan dans le Chêne de Flagey, vous découvrirez l’ensemble du plateau d’Amancey et même, par temps clair, le Mont Blanc. Continuez jusqu’à VILLENEUVE D’AMONT – LEVIER (3). Gustave Courbet, « chasseur autant que peintre » selon son ami Castagnary, venait régulièrement sur ce site pour ses parties de chasse sur plateau. Poursuivez votre parcours jusqu’au PONT DU DIABLE (4)- MIGETTE. Construit au 19ème siècle, il permet de relier les communes de Nans-sous-Sainte-Anne et de Migette. Le ruisseau qui chemine au creux de cette gorge de 25 mètres se jette dans le Lison. Partez ensuite voir la cascade du GOUR DE CONCHE (5). Courbet a peint cet endroit en 1864 pour M. Bouvet, maire de Salins. Enfin dernière escale à ALAISE (6) : situé près de Salins, ce village est connu pour être l’un des lieux supposés de la bataille d’Alésia. En sous-titrant le Chêne de Flagey, Chêne de Vercingétorix, camp de César près d’Alésia (1864, Ornans, musée Gustave Courbet) Courbet proclame son désaccord avec Napoléon III, qui atteste qu’Alésia se trouve en Bourgogne.

1SOURCE DU LISON

Latitude : 46°57'55.14"N / Longitude : 06°0'42.00"E

L’oeuvre de l’artiste

La source du Lison est l’un des sites privilégiés du peintre. Il s’y rend en présence de ses amis Max Claudet et Jules Castagnary.

En 1865, Gustave Courbet écrit à son ami Max Buchon : « Mon cher Max, en te quittant, nous sommes arrivés à Nans à bon port quoique la voiture bordait. Le lendemain j’ai fait voir à M. Castagnary la source du Lison et le Pont du Diable... »

 Cette source lui a inspiré dessins et peintures : « De plus j’ai fait un paysage de la source du Lison et une réduction pour M. Meyer que je lui avais promise en échange de l’âne. » 27/11/1864.

Cet âne sera celui qui suivra Courbet dans ces périples tirant la célèbre carriole dans le paysage.

Marcel Ordinaire, ami, élève et proche collaborateur de Gustave Courbet, a peint lui aussi, en 1880, ce site magnifique, site qui devient également un élément décoratif reproduit sur la vaisselle de la faïencerie de Nans-sous-Sainte-Anne.

Ce lieu exceptionnel inspira une belle description à Max Claudet, sculpteur et céramiste, compagnon de voyage de Courbet dans le Jura :« Que l'on s'imagine un gigantesque rocher à pic, aux couleurs variées, surmonté d'une forêt. A une certaine hauteur s'ouvre une excavation profonde comme une voûte d'église et soutenue comme elle par des piliers ; au fond de ce gouffre, une source d'eau azurée [...], tombant par une cascade jusqu'à la base du rocher. »

2LE MONT « MAHOUX »

Latitude : 46°58'58.18"N / Longitude : 06°1'54.61"E

Une butte témoin dans le paysage de Courbet

Véritable repère topographique, cette butte-témoin est représentée en arrière-plan à droite, dans Le Chêne de Flagey peint par Courbet en 1864. Culminant à 828 m d’altitude, il nous permet de visualiser l’ensemble du plateau d’Amancey et nous offre par temps clair une vue sur le Mont Blanc. Témoin du passage de Jean de Chalon, il abritait autrefois un imposant château, qui alimente encore aujourd’hui, mythes et légendes.

3VILLENEUVE-D’AMONT LEVIER

Latitude : 46°56'22.97"N / Longitude : 06°1'53.22"E

Entre chasse et récit

Proche du village de Levier, Villeneuve-d’Amont est l’un des endroits privilégiés du peintre pour ses parties de chasse sur plateau. Plus facile pour la marche et idéal pour les tirs directs, il s’y rend avec son ami Castagnary comme en témoigne une lettre adressée à son ami Max Buchon en janvier 1865 :

« Le lendemain j’ai fait voir à M. Castagnary la source du Lison et le Pont du diable, le surlendemain Meyer est arrivé. Nous sommes allés à la chasse à Villeneuve, nous avons tué un chevreuil et deux renards ».

Castagnary déclara que son ami Courbet était « chasseur autant que peintre, il interrompit plus d’une fois l’étude commencée pour saisir le fusil et abattre quelques pièces au passage ».

Dans son ouvrage « Scènes de la vie Comtoise » de 1858, Max Buchon s’inspire du lieu :

« Villeneuve-d’Amont est un village de cinq à six cents âmes, sur la route de Pontarlier, à 3 lieues de Salins... C’est à Villeneuve que commencent les sapins. Quand on arrive au-dessus de la côte de Chalême, on voit à une demi-lieue le village grouper ses toits de tuile blanche, à une portée de fusil de la route, sur une légère crête qui garantit ses habitations de toute humidité... En prolongement d’une tourbière, on embrasse à peu près d’un seul coup d’oeil tout le territoire de la commune, encadrée en amont par une des plus splendides forêts de sapin que possède peut-être la France ».

4LE PONT DU DIABLE-MIGETTE

Latitude : 46°57'2.53"N / Longitude : 05°59'8.22"E

Une légende

Construit au XIXe siècle, il permet de relier les communes de Nans-sous-Sainte-Anne et de Migette. Le ruisseau de Château-Renaud chemine au creux de cette gorge vertigineuse, profonde et étroite, qui se jette dans le Lison.

La légende raconte qu’afin de relier les deux villages, les habitants s’adressèrent à un entrepreneur de Salins nommé Babey. Malgré sa compétence et son dynamisme, il rencontra de grosses difficultés pour construire le pont car chaque nuit, il s’écroulait. Le diable lui proposa son aide pour le reconstruire mais en échange de son âme et de celle de la première personne qui le traverserait. Ce fut le curé du village qui à la vue du diable brandit son ciboire et sa croix. Le démon ébloui plongea au fond du ravin et disparut à jamais. La présence d’une tête de diable sculptée à la clef de voûte du pont, rappelle cette légende.

5GOUR DE CONCHE

Latitude : 46°58'53.12"N / Longitude : 05°56'34.50"E

Le Ruisseau du Todeur de la route de Myon

Les eaux de cette cascade merveilleuse et sauvage sautent des barrières calcaires pour reprendre un cours paisible dans le ruisseau du Todeur et confluer quelques kilomètres après avec le Lison.

Courbet peint cet endroit en 1864 pour M. Bouvet, maire de Salins et propriétaire d’une entreprise de roulage et de scieries.

La description faite par Charles Toubin, ami de Courbet, montre toute la beauté du site : Le cours du Todeur est de trois lieues à peine. Au milieu de sa source, le ruisseau tombe d’une hauteur d’environ soixante pieds (environ 18 m) et forme la charmante cascade du Gour de Conche.

Imaginez dans un rocher en fer à cheval trois étages de bassins circulaires et le Todeur qui s’épanche doucement d’une de ces conques dans l’autre. Un léger pont de bois court sur le bassin supérieur et, vu d’en bas, produit un charmant effet. Le rocher est tout chargé de mousses et d’arbustes qui croissent dans les moindres fissures. Ce pont aérien tout enguirlandé de feuillage grimpant, ces trois bassins superposés en quelque sorte, ce ruban d’eau argentée qui glisse paresseusement contre la paroi de la roche, la légère musique des eaux, les grands arbres qui du sommet du rocher se penchent à l’envi comme pour avoir, eux aussi, leur part de cette curieuse et aimable scène de la nature, tout cela forme un spectacle empreint d’une sorte de grâce sauvage et en même temps charmante.

Présent le jour où Courbet peint le site, Charles Toubin lui explique que le pont était autrefois plus en avant, et par la même plus pittoresque à son sens. Courbet rétablit le pont à l’endroit indiqué, donne à la cascade bien plus d’eau qu’elle n’en a alors et ajoute du feuillage.

 « Eh bien ! lui dit Toubin quand il eût donné le dernier coup de pinceau. Et le réalisme ? Oh ! répondit le peintre en riant, des riens, des grains de beauté ; cela n’arrive pas souvent. »

6ALAISE

Latitude : 47°0'54.51"N / Longitude : 05°58'23.57"E

Témoin de la bataille d’Alésia-Napoléon III

Gustave Courbet et son ami Max Claudet défendent cette thèse du site d’Alésia.

Petit village situé près de Salins, il est connu pour être l’un des lieux supposés de la célèbre bataille d’Alésia.

En 1855, un membre de la société d’Emulation, Alphonse Delacroix (1807-1878), architecte et curieux d’archéologie révèle à ses confrères qu’Alésia ne se situe pas à Alise- Sainte-Reine mais à Alaise. Il déclare : « II existe une localité qui, jusqu’au XIIIe siècle, a conservé intact son nom d’Alésia et règne encore au milieu des vestiges du plus vaste champ de carnage qui soit connu. C’est là, c’est à Alaise que nous plaçons le siège mémorable qui a terminé la lutte de Vercingétorix ; c’est là que nous voyons le dénouement de la guerre de Séquanie... ».

Le Chêne de Flagey qu’il peint en 1864 est l’une des œuvres les plus symboliques de Courbet car lors de son exposition personnelle de 1867, Courbet ajoute un sous-titre à cette toile : appelé Chêne de Vercingétorix, camp de César près d’Alésia, Franche-Comté. Ainsi il proclame une nouvelle fois son désaccord avec Napoléon III selon lequel la bataille se serait déroulée à Alise-Sainte-Reine (Côte-d’Or).

Dans une de ces correspondances avec son ami Castagnary, Courbet écrit : « Vous verrez Salins, vous verrez Poupet et Alaise, ou Alésia selon les Druides, Nans et la source du Lison... ».

Un hommage à Alphonse Delacroix, fut rendu en 1885, par la société d’Emulation du Doubs. Le village d’Alaise fut qualifié de « Boulevard suprême de l'indépendance des Gaules ».